Guide · mis à jour le 13 octobre 2026

Choisir son statut de freelance en 2026

Ce que vous devez savoir avant de déclarer votre activité d'indépendant, que vous soyez consultant, formateur ou coach.

Les cinq portes d'entrée

Quand on se lance seul dans une activité intellectuelle, conseil, formation, coaching, cinq structures sont réalistes. Elles ne diffèrent pas d'abord par le métier, mais par trois choses : ce que l'on peut déduire, la protection sociale que l'on achète, et la tranche d'impôt du foyer.

StructureCotisations calculées surFrais réels déductiblesProtectionChômage
Micro-entrepriseLe chiffre d'affaires encaissé (25,6 %)Non (abattement forfaitaire de 34 %)IndépendantNon
Entreprise individuelle au réelLe bénéfice (environ 45 % du net)OuiIndépendantNon
EURL à l'ISLa rémunération du gérant (environ 45 % du net)OuiIndépendantNon
SASU à l'ISLe salaire du président (environ 82 % du net)OuiRégime généralNon
Portage salarialLe salaire, après 5 à 10 % de frais de gestionPartiellement (frais remboursés)Régime généralOui

Les pourcentages sont des moyennes de place, pas votre appel de cotisations. Le simulateur les applique à votre cas.

La micro-entreprise : simple, jusqu'à un certain point

Vous déclarez ce que vous encaissez, l'URSSAF prélève 25,6 % (23,2 % pour les professions affiliées à la Cipav), et l'impôt est calculé sur 66 % de vos recettes, l'abattement de 34 % tenant lieu de frais. Pas de comptable, pas de bilan. Pas de compte bancaire professionnel non plus : la loi demande seulement un compte dédié à l'activité, et seulement si vous dépassez 10 000 € de chiffre d'affaires deux années de suite. Un compte courant ordinaire, séparé de votre compte personnel, fait l'affaire.

Deux limites décident de tout. Si vos frais réels dépassent 34 % de votre chiffre d'affaires, vous payez de l'impôt sur de l'argent que vous n'avez jamais eu : le réel devient préférable. Et le plafond de 83 600 € en prestations de services, proratisé l'année de création, ferme le régime après deux années civiles consécutives de dépassement.

L'erreur la plus répandue. Sortir du régime micro n'oblige jamais à créer une société. Vous passez au régime réel de l'entreprise individuelle, au 1er janvier suivant la deuxième année de dépassement. L'EURL ou la SASU sont des choix, pas des sanctions.

Le versement libératoire est une option réservée à la micro-entreprise. Sans elle, 66 % de vos recettes s'ajoutent aux revenus du foyer et passent au barème de l'impôt, l'année suivante. Avec elle, vous payez 2,2 % de vos recettes en même temps que vos cotisations, et l'impôt sur cette activité est réglé. Elle est gagnante quand le foyer est déjà imposé : un conjoint qui a un salaire, ou plus de 25 000 € de recettes environ pour une personne seule. Elle est perdante quand le foyer paie peu ou pas d'impôt : vous verseriez 2,2 % sur un revenu que le barème n'aurait pas taxé. Pour y avoir droit, le revenu fiscal de référence 2024 du foyer ne doit pas dépasser 29 315 € par part. Elle se choisit à la création ou avant le 30 septembre pour l'année suivante, et s'abandonne de la même façon. Le simulateur fait le calcul pour vous.

Le réel, l'EURL et la SASU : trois façons de déduire

Dès que vos frais sont significatifs, ou que vous voulez laisser de l'argent dans une structure, le réel s'impose. L'entreprise individuelle au réel est la plus légère : votre bénéfice est votre revenu, cotisations et impôt se calculent dessus, que vous le sortiez ou non. L'EURL vous laisse choisir votre rémunération et imposer le reste à l'impôt sur les sociétés, 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice ; attention au seuil des 10 % du capital au-delà duquel les dividendes supportent les cotisations. La SASU fait de vous un assimilé salarié : meilleure protection, cotisations plus lourdes, dividendes à la flat tax de 30 % sans cotisations, et une rémunération nulle qui laisse sans droits, mais préserve intégralement les allocations France Travail.

Dans les trois cas, comptez un expert-comptable : 800 à 1 500 € par an au réel, 1 200 à 2 500 € en EURL, 1 500 à 3 000 € en SASU paie comprise. Un comparateur qui oublie ces frais fausse le classement d'autant.

Le portage salarial : la moitié, mais le chômage

Une société de portage facture vos clients, prélève 5 à 10 % de frais, et vous verse un salaire. Il vous reste environ la moitié de ce que vous facturez, mais vous cotisez à l'assurance chômage, vous n'avez rien à créer, et vous pouvez arrêter du jour au lendemain. C'est souvent la bonne porte d'entrée pour tester une activité un an avant de choisir une structure. Il suppose un chiffre d'affaires d'au moins 3 800 € par mois environ.

Ce qui change la première année

L'ACRE n'est plus automatique

Depuis 2026, l'exonération de début d'activité est réservée à certains profils (demandeur d'emploi indemnisé ou non, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, moins de 26 ans, quartier prioritaire, entre autres) et elle ne réduit plus que de 25 % les cotisations concernées (créations depuis le 1er janvier 2026 au réel et en société, depuis le 1er juillet 2026 en micro-entreprise). Dans tous les cas, il faut la demander à l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité, avec les justificatifs ; passé ce délai, c'est définitivement perdu. Jusqu'en 2025, les sociétés en bénéficiaient sans formalité : ce n'est plus le cas.

ARCE ou maintien de l'ARE

Si France Travail vous indemnise, deux voies. L'ARCE transforme 60 % de vos droits restants en capital, versé en deux fois, moins 3 % de retenue, et met fin aux mensualités : définitif dès le premier versement, et subordonné à l'obtention de l'ACRE. Le maintien conserve vos allocations, réduites d'environ 70 % de votre revenu d'activité ; vos droits non consommés s'étalent. La règle simple : capital si besoin de trésorerie immédiat et démarrage rapide, maintien si démarrage lent et besoin de régularité.

La TVA, à l'envers de ce qu'on croit

La franchise s'applique jusqu'à 37 500 € en prestations de services, avec un seuil majoré à 41 250 €. L'année de création, elle s'applique de droit tant que le seuil majoré n'est pas atteint, sans prorata. L'année suivante, c'est l'inverse : le chiffre d'affaires de votre première année est ramené sur douze mois pour vérifier s'il reste sous 37 500 €. Exemple : 12 000 € facturés sur trois mois comptent comme 48 000 € sur l'année, donc TVA dès le 1er janvier suivant. Si vos clients sont des entreprises, facturer la TVA ne leur coûte rien : rédigez vos devis en hors taxes dès le premier.

La facturation électronique, depuis le 1er septembre 2026

Toute entreprise assujettie à la TVA, franchise comprise, doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'émission suit au 1er septembre 2027 pour les micro-entreprises et les TPE. Les sanctions annoncées sont de 500 € en l'absence de plateforme, puis 1 000 € tous les trois mois. Beaucoup d'outils de facturation pour indépendants le sont déjà, sans supplément.

Le facteur que tout le monde oublie : votre foyer

L'impôt sur le revenu se calcule sur le foyer. Marié ou pacsé, avec ou sans enfants, parent isolé, conjoint salarié : chaque situation change la tranche dans laquelle tombe votre revenu d'indépendant, et donc le classement des statuts. Un célibataire gagnant à la micro-entreprise peut, à chiffre d'affaires identique, gagner à la SASU une fois marié à un salarié bien payé, parce que les dividendes à 30 % deviennent moins chers que le barème. Aucune réponse générale ne tient : il faut faire le calcul sur votre cas.

Faire le calcul sur mon cas

Ce guide est un document d'information général à jour au 29 octobre 2026. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou comptable. Faites valider votre choix par un expert-comptable.